Bordeaux a remporté à Auxerre (2-0) sa 4e victoire consécutive, sans la manière mais de façon efficace, et ainsi pris provisoirement la tête de la Ligue 1, samedi lors de la 31e journée, mettant la pression sur Lyon et Marseille qui jouent dimanche.

Des buts de Fernando, qui signait là avec éclat son retour à la compétition après quatre matches de suspension, et de Wendel ont permis aux Girondins de faire de leur prochain match, la réception de l'OL, un rendez-vous capital en vue du titre.

Le leadership des Bordelais ne tient qu'à la différence de buts (+21 contre +19 pour l'OL) et relèverait du miracle, compte tenu de leur niveau de jeu, si ce succès aux allures de gagne-petit était le seul. Les récentes victoires au score étriqué et au jeu pâlot démontrent un mental certain et l'assimilation de cette fameuse culture de la +gagne+ dont Lyon reste le maître-étalon.

Ils ont profité de deux coups de pied arrêtés pour s'emparer des trois points, sur leur seule occasion nette de la première période, un corner de Wendel repris de la tête par Fernando au ras du premier poteau (34), puis un coup franc de Gourcuff remis de la tête par Chamakh sur Wendel (80).

Gourcuff terne
A leur décharge, Auxerre a confirmé ses bonnes dispositions actuelles (16 points pris sur 24 possibles) en affichant plus d'envie dans les jaillissements, les duels et la construction.

Les principales occasions étaient d'ailleurs bourguignonnes, comme l'incroyable loupé de Kahlenberg, qui, isolé à gauche tirait sur Ramé à bout portant (11), ou la tête trop décroisée de Birsa (52).

Prises de balle approximatives, passes dans le vide, certes sous une pluie battante, les Bordelais ont fait étalage de carences techniques, à l'image de Gourcuff, toujours en méforme. Son coup franc à l'origine du second but n'efface pas une prestation terne.

Chamakh a moins démérité, par son sens du combat et ses appels, rarement récompensés, contrairement à Gouffran, préféré à Bellion en attaque et transparent. L'histoire aurait été différente pour lui si, idéalement placé côté droit, il n'avait expédié sa frappe au-dessus du cadre (75).

Fernando a pesé, Wendel beaucoup moins même si son bilan sort du rouge grâce à ses deux actions décisives. Surtout, Bordeaux peut remercier Diarra et Diawara dans le rideau défensif, impressionnants par leur placement et leurs anticipations.